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Il s'agit en fait d'une bande dessinée. Les dessins sont un peu mieux
fait (ça n'engage que moi ^^) que ceux des comics américains. Les
personnages ont une réelle profondeur et un caractère à part.
Il est très facile de s'attacher à un personnage en particulier. Pour
bien comprendre ces bandes dessinées, il est souvent nécessaire d’avoir
une certaine connaissance de la société japonaise. (Bien sur, il ne
faut pas non plus une licence LEA japonais pour pouvoir apprécier un
manga à sa juste valeur, d'autant que certains prennent la peine
d'inclure un lexique dans les éditions françaises).
Les mangas puisent largement dans des faits universels, des problèmes
de la société actuelle, des problèmes sexuels, affectifs, de scolarité,
jusqu’à celui du monde des entreprises.
On y trouvera donc les indices de la société codifiée, des problèmes
générés par la vie moderne, la maladie du siècle et ses éventuels
remèdes.
A travers ses caractéristiques intrasèques, le manga reste néanmoins un
outils de divertissement plus que de communication. Sans ambitions
politiques, il se prive pas néanmoins d'inclure une morale, ou de
mettre en avant le respect des autres, ainsi que la lutte du bien
contre le mal.



C’est un phénomène de culture populaire. Là-bas, le Manga représente
1/3 du marché imprimé. Il a autant d’importance que le cinéma ou le
roman. Cependant, Le Manga ne remplacera jamais le roman pour les
Japonais qui lisent beaucoup. La moyenne d'âge concernée va de 7 à 40
ans, contrairement à la France, où la cible touche une population jeune.
Le manga est lu dans la rue, dans le métro et certains cafés restaurants proposent un choix important de mangas.
Un mangaraku est un magasin spécialisé en Mangas. Un japonais passe
environ 20 minutes pour lire un manga de 320 pages (15 secondes par
page), mais les français ne sont pas mal non plus. Ceci étant
principalement dû au fait un manga se lit très rapidement, les scènes
rapides s'enchaînent, et les pages défilent.
L’image du manga est omniprésente à Tôkyô car c'est une image qui va droit au but et que tout le monde peut comprendre.
Il n’est pas utile de comprendre le texte en langue japonaise en raison
de la facilité de sa structure. Qui n'a pas déjà acheté (pour ne pas
dire télécharger) des mangas en version originale ?
Le coût d’un manga est de 7 à 10 EUR, il est lu, puis jeté. Un marché
parallèle s’est établi : des mangas d’occasion abandonnés par les
voyageurs sont revendus à bas prix.
Il est imprimé sur papier recyclé, en noir et blanc sur environ 350
pages. La quantité de papier utilisée pour l’impression de mangas est
supérieure à la quantité de papier toilette consommée au Japon. (je
n'ai pas personnellement été enquêter sur ce point ^^ ). Quinze volumes
sont consommés en un an par un habitant de l’Archipel. Une librairie
utilise la moitié de sa surface en rayons mangas.
 
La remise du prix Tezuka Awards est aussi un gros marché où se font connaître tous les mangaka (auteurs de mangas).
Il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus. Cependant un mangaka reconnu est au Japon aussi célèbre qu’une star de Rock’n Roll.
Cet univers est très lié aux jeux vidéo. Les japonais qui fréquentent
les immenses sales où sont réunis les plus grands gamers de tous les
temps regorge également d'adepte du Manga.
Les japonais s'inspirent beaucoup de cet univers dans leur vie
quotidienne, notamment en matière vestimentaire. Comme tous les goûts
sont dans la nature je ne vais pas critiquer, mais cela prouve encore
que les japonais sont très proche de cet univers, du managaka au
mangaddict.



Il est vraiment né dans l’après-guerre mais son origine semble remonter
au 12ème siècle. En effet, durant la période d’Edo, les carnets de
voyages des paysans représentaient des images de superstition.
C’était réellement une histoire alliant le texte et les images. C’était
l’ukiyo-e : estampe divertissante et facile à comprendre pour le plus
grand nombre. Là encore; malgré le fait qu'il s'agissait d'expériences
vécues par ces paysans, l' ukiyo-e gardait un caractère de
divertissement, et le manga que l'on connaît aujourd'hui n'a pas
réellement changé, mise à part le caractère vécu des images, le manga
se doit d'être divertissant avant d'enseigner quelques morales que se
soit.
Les mangas qui connaissent un franc succès donnent souvent lieu à des
sous-produits comme des jeux, des dessins animés et des gadgets. Cet
aspect marketing est venu se greffer à la culture manga du fait de la
société de consommation actuelle.
Ce marché est important dans la mesure où 80 % des japonais ont une
console de jeux. Les hommes passent environ 3 heures par jour devant la
télévision et les femmes cinq heures.
Du coup, certains cinémas se sont spécialisés dans la projection de mangas.



On peut repertorier deux princiapux comportements des personnages :
-Chez les jeunes :
Les yeux des personnages ne sont pas bridés et les paysages sont
différents de ceux du Japon car c'est l’ailleurs et l’étranger qui
suscitent le rêve.
Les mangas diffusés au Japon sont beaucoup plus violents que ceux
diffusés en Europe. La culture du manga n'étant pas prédominante en
France, certaines images ne peuvent être diffusées sur un canal de
grand audimat (au grand désespoir de tous les otakus !!)
Ensuite il y a souvent des persécutions par leurs camarades sur des
adolescents faibles ou trop différents.
Ces adolescents ne trouvent pas d’écoute auprès de leur famille ou de
leur professeur. N’ayant pas d’issue à leur problème, ils finissent par
se donner la mort.
Le manga Hajime no Ippo illustre bien ce thème (sauf pour la mort ^^)

Les mangas de science-fiction sont robotisés à outrance (les samouraïs
perdurent à travers les robots), avec l’omniprésence de la technologie
accentuant la puissance de la volonté et la pensée créatrice.
Ces mangas font ressortir un pays où le sens du sacrifice, le
conditionnement par la volonté et le stoïcisme sont les ultimes vertus
de l’héroïsme.
-Chez les adultes:
L’association de cultures étrangères permet de ne pas limiter le public
au niveau de l’imagination. Le scénario est solide et les images sont
réalistes.
La femme apparaît sous plusieurs formes :
- la femme-enfant (jeune fille idéale, souvent infantilisée).
- la femme sexy ou mère guerrière.
Comme ci dessous, l'exemple de la femme guerrière des temps futur de Ghost in the Shell.

La violence et les préjugés jouent un rôle important.
Toutefois, il semble que la violence des mangas n’ait aucune incidence
sur les japonais (en effet au Japon on compte 1,4 meurtre pour 100 000
habitants contre 10,8 meurtres aux Etats-Unis pour 100 000 habitants).
En revanche, toutes les 23 minutes-40 secondes, une personne se donne
la mort (la tranche d’âge la moins touchée est celle des jeunes jusqu’à
19 ans, la plus touchée concerne les personnes de plus de 60 ans).
Le manga serait-il donc un rêve sans conséquence ?
A Takarazuka, le musée « Tezuka » est un lieu que tout Otaku (amoureux des mangas) ne peut ignorer.
Ce musée porte le nom du créateur d'Astro Boy. Cet homme, médecin d’origine passa sa vie à dessiner.
Ce musée est pour lui une manière de transmettre des valeurs aux
enfants et au monde entier : préserver la terre et le pays (l’écologie
est un thème souvent repris dans les mangas).
Ce dessinateur, décédé il y a quelques années est un peu à lui seul Hergé et Disney réunis. Le roi Lion est né sous son crayon.

L'humour dans le manga :
 

Les ruptures de tons, les non-sens, fondent l’humour japonais et les
japonais rient souvent d’eux-mêmes. Les jeux de mots sont
intraduisibles dans la langue française.
Au Japon, il n’existe pas de livres de blagues comme en France, c’est un humour différent.



Il existe 2 principales catégories de Mangas :
Le Shônen manga ou "manga pour jeunes garçons" :
Il s'agit d'un manga dans lequel les histoires contiennent souvent
beaucoup de sang et où l'on n'hésite pas à dénuder de jeunes filles en
fleurs ou plus mûres et où les dialogues sont souvent très longs (avec
d'énormes bulles de dialogue) et les planches très souvent chargées de
détails.

Dans ce type de manga, on trouve des oeuvres comme Dragon Ball, Saint
Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque), Dragon Quest (Fly), Naruto ,pour ne
citer que les plus connus en France.
Le shôjo manga ("manga pour jeunes filles") :
Le dessin est beaucoup plus épuré, rempli de voiles translucides et de
longues capes volant dans le vent, où les personnages sont très
longilignes, les yeux gigantesques, les garçons presque androgynes, les
histoires très romantiques mais parfois aussi très alambiquées, avec
des filles à la fois fortes et fragiles, et surtout des coiffures pas
possibles (et des couleurs de cheveux - quand on a la couleur - qui
peuvent faire tout le spectre, du rouge au violet en passant par le
rose, le vert et le bleu ^^). Parmi les mangas de ce type connus en
France (surtout par les anime), on trouve Candy, toutes les magical
girls à commencer par Minky Momo (Gigi), et l'un des plus connus qui
est Sailor Moon.

Ce type de manga est quasiment le domaine réservé des filles mangaka
(de rares hommes le pratiquent aussi) qui ont commencé à apparaître
vers le milieu des années 70 (auparavant, le manga était un domaine
réservé aux hommes).
Divers :
Il y a ensuite toutes sortes de mangas qui sortent de ces catégories,
des mangas relatant des recettes de cuisines, des mangas proches des
comics avec des histoires de Monstre extraterrestres et d'autres mangas
réservés aux adultes.
Enfin, voici une liste des principaux Mangazines répertoriés sur la
toile, bien sûr cette sélection n'a rien de représentative par rapport
aux mangazines existants.
A vous de faire votre propre sélection ! ^^
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